Le plus vieux métier du monde, le plus beau métier du monde

publié le 21 septembre 2019, par Philippe Ramirez

C’est un métier vieux comme le monde. Manager. Certes il avait d’autres noms, avant Peter Drucker. Mais face aux Pyramides, au Colisée, à Notre Dame on se dit que, même s’ils s’appelaient autrement, ils devaient être sacrément bons, les managers de ces projets-là. C’est un métier vieux comme le monde et pourtant il est encore si mal enseigné, si peu transmis… Exception faite des écoles militaires, qui l’appellent commandement et lui donnent la noblesse qu’il mérite, dites-moi quelle institution, quelle école enseigne à « être » un excellent manager, au-delà d’une simple application d’outils et de techniques aujourd’hui toutes accessibles en ligne ? Un bon manager c’est d’abord une équipe à fond, qui aime se dépasser, qui aime se surprendre elle-même à faire toujours plus vite, plus haut, plus fort, une équipe qui aime gagner, créer, surmonter les problèmes, changer son propre environnement. Une journée d’observation d’une équipe en action suffit pour savoir quelle est la qualité de son manager. Qui enseigne cela ? Ne nous y trompons pas, le management, loin d’être obsolète, est plus que jamais d’actualité. Plus il y a de technologie, plus nous avons besoin d’humain. Plus les projets sont ambitieux et complexes, plus nous avons besoin de managers. Pourquoi ? Pour relier les humains entre eux, pour qu’ils puissent accomplir ensemble ce qu’ils veulent accomplir ensemble.

C’est le plus beau métier du monde. Manager. Pour celui qui aime les gens, pour celui qui préfère « faire » à « causer », pour celui qui s’émerveille en même temps de la puissance du collectif et de la singularité de chaque être humain. C’est le plus beau métier du monde et pourtant si peu valorisé… Quand on dit manager certains pensent « chef qui donne des ordres ». D’autres pensent « notable promu, installé dans son pouvoir ». D’autres encore pensent rapport de forces, lutte des classes. Beaucoup n’assument pas le mot et veulent le remplacer par « leader », plus présentable. Ok, si vous voulez. Discussion sémantique surprenante si on sait de quoi on parle… Et pourquoi le métier de manager est-il si peu valorisé, de l’aveu (et souffrance parfois) des managers eux-mêmes ? Parce qu’il n’est pas suffisamment expliqué, ni enseigné, ni transmis. Alors beaucoup y projettent librement leurs fantasmes, envies et frustrations, sans craindre la contradiction, parce qu’on ne sait pas vraiment ce qu’apporte un bon manager. Alors parlons clair : Si vous voulez qu’une équipe devienne exceptionnelle, que chacun de ses membres aime ce qu’il y fait tout en atteignant des résultats hors norme, il vous faut une personne qui aura appris à appréhender toute la richesse et l’épaisseur de la matière humaine pour créer les conditions de réussite du collectif. Cette personne s’appelle un manager.